Dans cet entretien, M. Mohand-Saïd revient sur la création du Théâtre du renouveau amazigh, ses principaux objectifs ainsi que sur la dernière production du TRA dont la générale est prévue le 28 février prochain à Montréal.

Liberté : M. Mohand-Saïd, pouvez-vous nous retracer brièvement la genèse du Théâtre du Renouveau amazigh (TRA) qui est à sa troisième production ?
Mourad Mohand-Saïd : La naissance du TRA-AAA (Théâtre du renouveau amazigh-Amezgun amaynut amazigh) a vu le jour le 4 septembre 2009. Arab Sekhi et moi-même avons mesuré toute l’étendue du besoin et de l’engouement du public pour le 4e art suite aux représentations des pièces théâtrales Tidak n Nna Fa et Ass n unejmaâ, à guichets fermés à chacune de leurs programmations. C’est pour cela que l’idée nous est venue pour créer le TRA afin de soutenir et de promouvoir l’expression théâtrale amazighe. Nous nous sommes donné comme principale mission la production, l’organisation et la diffusion d’œuvres culturelles amazighes tout en favorisant la création. Le TRA vise à augmenter l’intérêt du public envers le théâtre par la production d’œuvres de qualité et d’envergure. Actuellement, la troupe est composée de Djouher Sekhi, Arab Sekhi, Hocine Toulaït, Brahim Benammar, Hakim Abdat, et Nordine Bala. Nous espérons enrichir davantage notre palmarès et attirer plus de comédiennes.

À quoi renvoie le titre de la nouvelle pièce de théâtre Abbuh.com que présente le TRA ? Quelle thématique aborde-t-elle ?
Abbuh.com est l’œuvre de Arab Sekhi et s’inscrit dans la même lignée que les précédentes qu’il a écrites et réalisées. Abbuh.com, pour paraphraser Arab, est un cri d’alarme qui nous avertit que les trésors évoqués dans Tidak n Nna Fa et Ass n unejmaâ risquent de se perdre.
Les comédiens nous interpellent sur la fin absurde d’un patrimoine qui nous échappe chaque jour un peu plus. Ils nous interpellent avec le rire, car c’est le meilleur des exorcismes. En revanche, Abbuh.com nous dit que le salut est en chacun de nous et qu’il faut donc puiser nos forces en nous-mêmes.
Vous n’êtes pas sans savoir que depuis l’émergence du théâtre amateur, le public du théâtre d’expression amazighe se trouve essentiellement en Algérie. Peut-être que vous voudriez vous y produire. Si c’est le cas, avez-vous des contacts ?
Depuis la première pièce, Tidak n Nna Fa, en 2006, nous n’avons cessé d’attirer l’attention sur nos produits. Nous avons tenté à maintes reprises de nous produire en Algérie, particulièrement à Tizi Ouzou.
La défunte revue culturelle Passerelles, dont l’éditeur nous a prêté main-forte, nous a consacré deux éditions en juin 2008 et décembre 2009. Nos efforts n’ont pas encore abouti, malgré l’intérêt certain exprimé par la Maison de la culture de Tizi Ouzou.
Nous avons failli participer, avec l’appui du directeur de la maison de culture de Tizi Ouzou, au Festival du théâtre amazigh de Batna mais, faute de communication et de suivi, ce projet n’a pas pu voir le jour.
Nous espérons toujours concrétiser le projet de nous produire en Algérie et aller à la rencontre du public du 4e art.

Sources